The Blockchain Group est devenue en 2026 un cas boursier très particulier. L’entreprise ne se résume plus à ses activités historiques dans la Data Intelligence, l’intelligence artificielle et les technologies décentralisées. Sa stratégie repose désormais largement sur l’accumulation de Bitcoin et sur sa capacité à financer cette accumulation par des opérations sur son capital ou par de la dette.
Notre avis est donc nuancé : l’action peut intéresser un investisseur qui recherche volontairement une exposition très spéculative au Bitcoin via une société cotée, mais elle ne constitue pas un substitut simple à l’achat de BTC. Avant d’investir, il faut examiner simultanément la quantité de Bitcoin détenue, la valorisation boursière de la société, les performances de ses activités historiques et surtout l’effet des futures émissions d’actions.
The Blockchain Group s’appelle désormais Capital B
Premier point important pour éviter toute confusion : The Blockchain Group a officiellement changé de dénomination sociale. Le 17 juin 2026, ses actionnaires ont approuvé le passage de « The Blockchain Group » à « Capital B ». Les recherches effectuées sous l’ancien nom renvoient donc aujourd’hui à la même société.
Ce changement traduit surtout l’évolution profonde de son modèle. Capital B se présente comme une Bitcoin Treasury Company, c’est-à-dire une entreprise qui cherche à accumuler des bitcoins dans son bilan et à augmenter progressivement le nombre de bitcoins rapporté à chaque action sur une base totalement diluée.
Cette distinction est essentielle. Acheter l’action Capital B revient à investir dans une société dont la performance dépend fortement du Bitcoin, mais aussi de décisions de financement, de frais de structure, de la dilution des actionnaires et des résultats des filiales opérationnelles. Pour comprendre le marché des cryptomonnaies, il faut notamment garder à l’esprit que les cycles du Bitcoin peuvent provoquer des variations extrêmement rapides de valeur.
Combien de bitcoins Capital B détient-elle en 2026 ?
Au 17 août 2026, Capital B annonçait détenir 3 145 BTC dans le cadre de sa stratégie de Bitcoin Treasury Company. La société indiquait également un « BTC Yield » de 2,14 % depuis le début de l’année 2026.
Ces chiffres doivent toujours être associés à leur date. Le nombre de bitcoins détenus peut évoluer au fil des acquisitions, des levées de fonds et d’autres opérations financières. Il serait donc trompeur de les considérer comme une situation permanente.
Le BTC Yield mérite également une précision. Il s’agit d’un indicateur utilisé par la société pour mesurer l’évolution du nombre de bitcoins par action sur une base totalement diluée. Ce n’est pas un rendement versé à l’actionnaire et ce chiffre ne signifie pas qu’un investisseur a gagné 2,14 % sur son action.
L’enjeu pour l’actionnaire est plus complexe : une nouvelle levée de capitaux peut permettre d’acheter davantage de bitcoins, mais elle peut aussi créer de nouvelles actions. L’opération n’est réellement favorable au nombre de bitcoins par action que si les conditions de financement et le prix auquel les titres sont émis permettent de créer suffisamment de valeur par rapport à la dilution engendrée.
Une exposition au Bitcoin, mais pas l’équivalent du Bitcoin
Une hausse importante du Bitcoin peut soutenir l’intérêt du marché pour Capital B, puisque la valeur de sa réserve de BTC augmente. À l’inverse, une chute du Bitcoin peut peser lourdement sur la perception de la valeur de l’entreprise et sur ses comptes.
Il ne faut pourtant pas supposer que l’action suivra mécaniquement le BTC dans les mêmes proportions. Son cours peut également dépendre de la prime ou de la décote accordée par les investisseurs à la société, de ses nouvelles émissions de titres, de sa liquidité boursière, de ses charges et de la confiance du marché dans la stratégie de ses dirigeants.
Un investisseur dont le seul objectif est de s’exposer au cours du BTC a donc intérêt à comparer cette approche avec la possibilité d’investir directement dans le Bitcoin. Dans Capital B, il achète une action d’entreprise avec une structure financière et des risques propres, pas des bitcoins conservés directement pour son compte.
Que disent les résultats financiers de 2025 ?
Les comptes 2025 montrent précisément pourquoi l’analyse de Capital B ne peut pas se limiter au nombre de bitcoins détenus. Le chiffre d’affaires consolidé s’est établi à 11,206 millions d’euros, contre 13,864 millions en 2024, soit une baisse de 19 %.
L’EBITDA retraité du groupe ressort à -2,706 millions d’euros, contre 0,910 million en 2024. Le résultat net atteint quant à lui -62,175 millions d’euros. Ce dernier chiffre paraît particulièrement mauvais pris isolément, mais sa composition est déterminante pour l’interpréter correctement.
La société indique qu’environ 53,9 millions d’euros de la perte proviennent d’une dépréciation du Bitcoin au 31 décembre 2025, sans effet sur la trésorerie. Une dépréciation d’immobilisation incorporelle de 4,3 millions d’euros, elle aussi sans effet sur la trésorerie, a également pesé sur le résultat. Les résultats annuels 2025 publiés sur Euronext permettent de retrouver le détail de ces comptes.
Le résultat net ne doit donc pas être lu comme une sortie de trésorerie de 62 millions d’euros sur l’exercice. Il révèle néanmoins une conséquence importante du modèle : lorsque le Bitcoin varie fortement, les comptes et les indicateurs financiers traditionnels peuvent devenir beaucoup plus difficiles à interpréter.
Les activités historiques restent-elles rentables ?
Oui, sur la base des données communiquées pour 2025, les entités opérationnelles historiques IORGA et TRIMANE ont généré un EBITDA retraité positif de 1,2 million d’euros. Cela apporte une nuance importante : les métiers historiques n’étaient pas déficitaires au niveau de cet indicateur.
En revanche, le groupe supportait environ 4,1 millions d’euros de coûts associés à sa structure et à sa stratégie de Bitcoin Treasury Company. Cette charge explique en partie le passage à un EBITDA consolidé négatif.
Pour l’investisseur, la question n’est donc plus seulement de savoir si les filiales technologiques peuvent produire des bénéfices. Il faut déterminer si ces activités peuvent rester solides tout en supportant une organisation dont une part croissante des ressources et de l’attention est consacrée à la stratégie Bitcoin.
La dilution est le principal point à surveiller
Le risque le plus facile à sous-estimer dans le dossier Capital B est probablement la dilution. Pour acheter davantage de bitcoins, l’entreprise doit obtenir des financements. Une partie de ces financements peut prendre la forme d’augmentations de capital ou de titres donnant ultérieurement accès à des actions.
En mai 2026, Capital B a ainsi annoncé une levée de 15,2 millions d’euros reposant sur l’émission de 23 038 844 actions auxquelles étaient attachés quatre bons de souscription d’actions par action. Si tous ces BSA étaient exercés, jusqu’à 92 155 376 actions ordinaires supplémentaires pourraient être émises, pour environ 99,1 millions d’euros de capitaux additionnels.
Une telle émission ne doit être considérée ni automatiquement comme positive, ni automatiquement comme négative. Elle peut financer l’acquisition de bitcoins supplémentaires et contribuer à développer la stratégie. En revanche, chaque nouvelle action représente une fraction supplémentaire du capital. L’actionnaire existant doit donc raisonner sur ce qu’il possède après dilution potentielle, et pas seulement sur la croissance du stock total de BTC.
Les autorisations de financement sont considérables
Lors de l’assemblée générale du 17 juin 2026, les actionnaires ont approuvé des autorisations permettant notamment une capacité maximale de 5 milliards d’euros de montant nominal d’augmentations de capital et de 100 milliards d’euros de montant nominal pour l’émission de titres de créance.
Ces chiffres peuvent impressionner, mais ils nécessitent une lecture rigoureuse. Il ne s’agit pas de 105 milliards d’euros effectivement levés. Ce sont des autorisations maximales donnant à la société une marge de manœuvre pour mettre en œuvre de futures opérations de financement.
Pour l’actionnaire, elles montrent néanmoins que le scénario de nouvelles émissions de titres n’est pas marginal dans la stratégie. Suivre uniquement les achats de BTC sans suivre parallèlement l’évolution du nombre d’actions et des instruments dilutifs donnerait une vision incomplète de l’investissement.
Quels sont les principaux risques de l’action Capital B ?
Le premier risque est naturellement celui du Bitcoin. Une baisse prolongée du BTC réduirait la valeur de la réserve détenue et pourrait dégrader fortement le sentiment des investisseurs autour de l’action.
Le deuxième concerne la dilution. Les augmentations de capital, BSA et obligations convertibles peuvent accroître le nombre d’actions en circulation ou potentiellement en circulation. Une société peut donc accumuler davantage de Bitcoin tout en créant beaucoup de nouveaux titres. C’est le rapport entre ces deux évolutions qui compte réellement pour l’actionnaire.
Le troisième risque est celui de la valorisation. Même lorsque la quantité de Bitcoin détenue est connue, rien n’impose au marché de valoriser Capital B exactement à la valeur de ses BTC. L’action peut coter avec une prime ou une décote selon les anticipations des investisseurs. Une prime importante peut notamment se contracter sans qu’une baisse équivalente du Bitcoin soit nécessaire.
Enfin, la forte volatilité du dossier augmente le risque de mauvaises décisions comportementales : achat après une envolée rapide, concentration excessive du portefeuille ou vente dans la panique. Ces situations font partie des erreurs fréquentes en investissement particulièrement importantes avec une valeur spéculative.
Quels éléments pourraient soutenir l’action ?
Le scénario favorable repose d’abord sur une appréciation durable du Bitcoin. Une hausse de la valeur du BTC renforce mécaniquement la valeur économique de la réserve détenue, toutes choses égales par ailleurs.
La capacité de Capital B à obtenir des financements dans de bonnes conditions constitue un deuxième levier. Si l’entreprise peut émettre des titres à des niveaux de valorisation suffisamment élevés pour acquérir ensuite du Bitcoin de manière relutive par action, sa stratégie peut devenir plus attractive pour les actionnaires déjà présents.
La progression des activités historiques représenterait un troisième facteur favorable. Leur EBITDA retraité était positif en 2025. Une amélioration durable de leurs performances permettrait à Capital B de ne pas dépendre exclusivement du marché pour justifier sa valorisation.
Il faut toutefois éviter le raccourci selon lequel « davantage de BTC détenus » signifie nécessairement « davantage de valeur par action ». Le nombre d’actions totalement dilué doit évoluer moins vite que la valeur économique créée par les nouvelles acquisitions pour que le mécanisme soit réellement favorable à l’actionnaire.
Comment analyser la valorisation avant d’acheter ?
Le cours de l’action, pris seul, apporte peu d’informations. L’investisseur doit au minimum mettre en perspective la capitalisation boursière de Capital B avec la valeur de ses bitcoins, ses autres actifs, ses dettes, ses besoins de financement et le nombre d’actions qui pourraient exister après exercice ou conversion des instruments dilutifs.
Une prime par rapport à la valeur nette des actifs peut se justifier si le marché estime que l’entreprise sera capable de lever des capitaux de façon avantageuse et d’augmenter le nombre de bitcoins par action. Mais plus cette prime est importante, plus l’investisseur dépend de la poursuite de cette confiance. Une contraction de la prime peut entraîner une baisse du titre même dans un contexte où le Bitcoin reste relativement stable.
Il est donc préférable de suivre un cours de Bourse avec Yahoo Finance ou un autre outil de marché en complétant toujours le prix affiché par les dernières publications financières de la société.
Le regroupement d’actions de septembre 2026 change-t-il quelque chose ?
Capital B a annoncé un regroupement de ses actions à raison de 10 actions anciennes pour 1 action nouvelle. Selon le calendrier annoncé, le dernier jour de cotation des anciennes actions doit être le 7 septembre 2026 et les nouvelles actions doivent commencer à coter le 8 septembre 2026.
Cette opération est essentiellement technique. Un investisseur possédant 100 actions avant regroupement doit, hors traitement des éventuels rompus, se retrouver avec 10 actions nouvelles. En parallèle, le prix unitaire théorique d’une action est multiplié dans la même proportion. La valeur totale de la position ne devient donc pas dix fois supérieure.
Ce point sera surtout important pour comparer les cours historiques. Après le 8 septembre, un ancien cours et un nouveau cours ne devront pas être comparés directement sans tenir compte du ratio de regroupement. L’opération ne constitue en elle-même ni une création de valeur, ni une raison suffisante d’acheter l’action.
Faut-il acheter The Blockchain Group en 2026 ?
Pour un investisseur prudent à la recherche d’une entreprise aux bénéfices prévisibles, à la structure financière simple et à la volatilité modérée, Capital B présente un profil difficilement adapté. La dépendance au Bitcoin, les besoins de financement et la dilution potentielle rendent le dossier complexe.
Pour un investisseur expérimenté qui assume une volatilité élevée, comprend les instruments dilutifs et souhaite s’exposer à une Bitcoin Treasury Company européenne, le dossier peut en revanche mériter une analyse. Mais l’achat doit alors reposer sur une comparaison entre la valorisation de l’entreprise et la valeur économique correspondant réellement à chaque action, plutôt que sur la seule conviction que le Bitcoin va monter.
Pour quelqu’un qui commence à investir en bourse quand on débute, Capital B paraît davantage adaptée à une éventuelle poche spéculative limitée qu’à une position centrale du portefeuille.
Capital B ou Bitcoin : quelle exposition choisir ?
| Critère | Action Capital B | Bitcoin détenu directement |
|---|---|---|
| Exposition au BTC | Indirecte, via le bilan de la société | Directe |
| Risque de dilution | Oui | Non au niveau d’une société émettrice |
| Activités opérationnelles | Oui, notamment IORGA et TRIMANE | Non |
| Risque de valorisation | Prime ou décote possible par rapport aux actifs | Prix directement lié au marché du BTC |
| Financements futurs | Peuvent modifier le nombre d’actions et l’exposition par action | Sans objet |
Cette comparaison résume le véritable choix. Capital B offre une exposition au Bitcoin accompagnée d’un levier entrepreneurial et financier : si la stratégie d’accumulation est exécutée dans de bonnes conditions, l’actionnaire peut bénéficier d’une augmentation du nombre de bitcoins correspondant économiquement à son titre. Mais ce mécanisme ajoute des risques absents d’une détention directe.
Comment acheter l’action Capital B ?
Capital B est cotée sur Euronext Growth Paris. L’investisseur doit donc passer par un intermédiaire donnant accès à cette valeur et vérifier préalablement les conditions de négociation, les frais ainsi que la disponibilité réelle du titre chez son courtier.
Avant de passer un ordre, il peut être utile de choisir un compte-titres adapté, notamment lorsque l’objectif est d’accéder à des actions qui ne correspondent pas nécessairement aux critères d’éligibilité des enveloppes fiscales plus restrictives.
La date mérite aussi une attention particulière en 2026 : le regroupement de dix actions anciennes pour une action nouvelle doit devenir effectif le 8 septembre. Les investisseurs intervenant autour de cette période doivent donc vérifier le code ISIN applicable, le cours ajusté et le traitement d’éventuels rompus par leur intermédiaire financier.
Les indicateurs à vérifier avant toute décision
Le suivi de Capital B ne peut pas se limiter à regarder quotidiennement le cours du titre. Les publications de la société doivent permettre de contrôler plusieurs données qui évoluent conjointement.
- Le nombre total de bitcoins détenus dans la stratégie de trésorerie.
- Le nombre d’actions en circulation et le nombre d’actions sur une base totalement diluée.
- L’évolution du BTC par action plutôt que la seule croissance du stock total de bitcoins.
- Les nouvelles augmentations de capital, émissions de BSA ou obligations convertibles.
- La capitalisation boursière rapportée à la valeur des actifs détenus.
- Les résultats des activités historiques et les coûts associés à la stratégie Bitcoin.
- Le niveau d’endettement et les modalités des nouveaux financements.
Au 17 août 2026, la détention annoncée de 3 145 BTC constitue ainsi une photographie utile, mais pas suffisante. Une prochaine acquisition pourrait augmenter ce chiffre tout en s’accompagnant d’une émission de titres. À l’inverse, une opération réalisée à des conditions favorables pourrait améliorer le nombre de bitcoins par action. Pour juger Capital B en 2026, c’est cette dynamique par action, après prise en compte de la dilution, qui doit rester au centre de l’analyse.







