Blast Club : avis, frais et risques avant d’investir

Avis sur Blast Club : un club d’investissement hybride

Blast Club occupe une place assez particulière dans l’univers de l’investissement non coté. Ce n’est ni un simple fonds de capital-risque, ni une plateforme de crowdfunding classique, ni seulement une communauté payante. Son modèle combine une adhésion annuelle à un club privé et la possibilité d’investir individuellement dans des startups sélectionnées.

Notre avis est donc nuancé : Blast Club peut avoir du sens pour un investisseur disposant déjà d’un patrimoine diversifié, souhaitant consacrer une poche de son capital aux startups et accordant une valeur réelle à la sélection des dossiers, à l’accompagnement et à la communauté. En revanche, le niveau des frais, le risque élevé de perte et l’illiquidité potentielle rendent l’offre beaucoup moins convaincante pour quelqu’un qui dispose d’un petit capital ou recherche un placement simple, liquide et prévisible.

Blast Club, c’est quoi exactement ?

Blast Club est un club d’investissement fondé par Anthony Bourbon. Son objectif est de permettre à ses membres d’accéder à des opérations portant notamment sur des startups non cotées, avec un ticket d’investissement généralement accessible à partir de 500 € par opération.

Le caractère hybride du modèle est essentiel pour comprendre l’offre. Le membre commence par payer une adhésion annuelle. Celle-ci lui ouvre l’accès aux opportunités d’investissement proposées par le club, mais aussi à des contenus pédagogiques, des événements et une communauté. L’adhésion n’est pas elle-même un investissement et son montant n’est pas transformé en actions de startups.

Une fois membre, l’investisseur reste libre de participer ou non aux opérations proposées. Blast Club ne fonctionne donc pas comme un fonds dans lequel une somme serait confiée à un gestionnaire chargé de répartir automatiquement le capital entre plusieurs entreprises. Chaque décision d’investissement reste individuelle.

Cette différence compte beaucoup. Elle donne davantage de contrôle à l’investisseur, mais lui impose également de réfléchir à la diversification de ses opérations plutôt que de supposer que l’adhésion suffit à construire un portefeuille cohérent. Le principe général reste le même que pour tout placement risqué : construire un portefeuille d’investissement diversifié permet d’éviter qu’une seule catégorie d’actifs prenne une place disproportionnée.

Comment se déroule un investissement avec Blast Club ?

Les membres ont accès à des dossiers de startups sélectionnées par Blast. Ils choisissent ensuite eux-mêmes les entreprises dans lesquelles ils souhaitent placer leur argent.

Le ticket minimum annoncé est généralement de 500 € par opération. Une fois l’investissement validé, les fonds passent par une société holding dédiée, souvent désignée par le terme SPV. Cette structure investit ensuite dans la startup concernée.

Concrètement, l’investisseur ne détient donc pas nécessairement directement des actions de chaque startup dans son compte-titres personnel. Il souscrit à la structure créée pour regrouper l’opération. Blast prend en charge les aspects juridiques liés à cette organisation et annonce ensuite un reporting trimestriel permettant de suivre l’évolution des sociétés financées.

Ce fonctionnement a un avantage évident : il simplifie l’accès à un univers dans lequel investir directement peut être complexe. Mais cette simplicité opérationnelle ne doit pas être confondue avec une réduction du risque économique. Une startup financée par l’intermédiaire d’un SPV reste une entreprise non cotée susceptible d’échouer.

Combien coûte réellement Blast Club ?

Les frais constituent l’un des points les plus importants de l’analyse, car ils interviennent à plusieurs niveaux. Au 28 août 2026, Blast affiche une adhésion annuelle comprise entre 1 500 € et 10 000 € selon la formule choisie. Ces tarifs sont susceptibles d’évoluer.

Type de coûtMontant indiquéQuand intervient-il ?
AdhésionDe 1 500 € à 10 000 € par anPour accéder au club et aux opportunités
Frais de structurationDe 3 % à 5 %Sur chaque investissement, selon le niveau d’adhésion
Frais d’investissementDe 1 % à 2 % par an selon le profil de l’opérationAu niveau du véhicule d’investissement
Commission sur la plus-value20 % du gainEn cas de plus-value lors du désinvestissement

L’erreur serait de regarder séparément chacun de ces coûts. Pour savoir si Blast Club est intéressant, il faut raisonner en coût global rapporté au capital effectivement investi.

Une adhésion de 1 500 € ne représente pas le même effort financier pour une personne qui envisage d’investir quelques milliers d’euros et pour une autre qui souhaite déployer plusieurs dizaines de milliers d’euros. Plus le montant réellement investi est faible, plus le coût fixe de l’adhésion pèse lourd proportionnellement.

Pour un épargnant qui dispose par exemple d’une enveloppe globale relativement limitée, il est donc pertinent de commencer par réfléchir à comment investir 10 000 € avant d’immobiliser une fraction importante de cette somme dans le seul droit d’accès à un club.

Les frais élevés sont-ils forcément rédhibitoires ?

Pas nécessairement, mais ils imposent d’identifier précisément ce que l’on attend du service. Blast Club ne facture pas uniquement une interface permettant de cliquer sur un bouton pour acheter un actif. L’adhésion donne également accès à une sélection d’opportunités, à une communauté, à des contenus pédagogiques, à des événements et à différentes ressources autour des opérations.

La vraie question est donc moins de savoir si 1 500 €, 3 000 € ou davantage constituent un prix élevé dans l’absolu que de déterminer si les services associés ont une valeur réelle pour l’investisseur concerné.

Une personne expérimentée, disposant déjà de son propre réseau de business angels et d’un accès direct à des levées privées, peut accorder relativement peu de valeur à cette intermédiation. À l’inverse, quelqu’un qui souhaite investir dans des startups mais ne dispose d’aucun accès à cet écosystème peut considérer la sélection, la structuration juridique et la communauté comme une partie importante du service.

Il faut toutefois conserver une séparation nette entre valeur du service et performance des investissements. Une excellente expérience membre, une interface efficace ou des événements appréciés ne garantissent jamais la réussite financière des startups sélectionnées.

Blast Club est-il réglementé ?

Oui. Blast SAS est agréée auprès de l’Autorité des marchés financiers comme prestataire de services de financement participatif, avec le numéro d’agrément FP-2023-12. L’agrément date du 21 août 2023 et couvre notamment l’investissement en actions.

C’est un élément rassurant concernant le cadre dans lequel le service est proposé, mais un agrément réglementaire ne constitue pas une garantie sur le capital ou la rentabilité des investissements. Il ne signifie pas que l’AMF valide chaque startup ni qu’elle assure les pertes éventuelles.

L’Autorité des marchés financiers rappelle d’ailleurs les risques propres à l’investissement participatif en titres, notamment la possibilité de perdre tout ou partie du capital et les difficultés qui peuvent apparaître lorsqu’un investisseur souhaite revendre des titres non cotés.

Quels sont les principaux risques avec Blast Club ?

Le premier risque vient des actifs eux-mêmes. Investir dans une startup revient à financer une société dont le modèle économique, les revenus ou la rentabilité peuvent encore être peu établis. Certaines entreprises peuvent fortement progresser, tandis que d’autres peuvent stagner, être revendues dans de mauvaises conditions ou disparaître.

Il faut donc accepter la possibilité d’une perte totale du capital placé sur une opération. Blast Club ne garantit aucun rendement.

Ce risque est particulièrement important si l’investisseur concentre une grosse partie de son patrimoine sur une seule startup ou quelques opérations. Dans le capital-risque, les performances peuvent être très dispersées : quelques réussites doivent parfois compenser plusieurs échecs. Une diversification insuffisante fait partie des erreurs fréquentes en investissement qui peuvent considérablement augmenter le risque global.

Il existe ensuite un risque de durée. Contrairement à une action cotée, un investissement dans une startup ne peut généralement pas être revendu instantanément sur un marché profond disposant de nombreux acheteurs.

Enfin, les frais réduisent mécaniquement le rendement net. Plus un investissement produit une performance modeste, plus les différents coûts peuvent peser lourd dans le résultat final. Ce point doit être intégré dès le départ, et non découvert uniquement lors de la sortie.

Peut-on revendre facilement ses parts ?

Blast Club a développé le Blast Market afin de permettre, pour certaines participations éligibles, des échanges entre membres avant une sortie classique.

C’est un dispositif intéressant dans un univers traditionnellement très illiquide, mais il ne transforme pas les participations en actions cotées. Blast ne garantit pas qu’un acheteur sera disponible lorsqu’un membre souhaitera vendre. La réalisation de la transaction dépend de l’offre et de la demande.

Il faut donc considérer le Blast Market comme une possibilité supplémentaire de sortie et non comme une promesse de liquidité. L’argent investi doit rester du capital dont l’investisseur peut raisonnablement se passer pendant une période longue.

Sur ce critère, la différence avec les marchés financiers traditionnels est importante. Les personnes qui privilégient la possibilité d’acheter ou de vendre rapidement peuvent trouver plus adapté d’investir en bourse pour débuter, quitte à réserver ensuite une part plus limitée de leur patrimoine au non-coté.

Que penser de la sélection des startups ?

L’un des arguments centraux du modèle Blast Club réside dans l’accès à des opérations que le particulier moyen aurait parfois du mal à trouver seul. L’investisseur bénéficie également d’informations sur les sociétés avant de décider de participer.

Cela peut constituer une vraie valeur ajoutée. Pour autant, sélectionner une startup ne permet pas de connaître son résultat futur. Une due diligence, aussi sérieuse soit-elle, réduit certaines asymétries d’information mais ne supprime ni le risque commercial, ni le risque technologique, ni le risque de financement ultérieur.

Le nom d’Anthony Bourbon joue également un rôle important dans le positionnement du club. Blast indique qu’il investit personnellement dans les startups proposées aux membres. Cet alignement financier peut être apprécié, mais il ne remplace pas l’analyse personnelle de chaque dossier.

Blast propose par ailleurs un accès à certaines opportunités liées à l’écosystème Y Combinator. Il convient de formuler précisément ce point : Blast indique lui-même ne pas être affilié ni partenaire officiel de Y Combinator. Investir dans des entreprises issues de cet accélérateur et être partenaire institutionnel de celui-ci sont deux choses différentes.

Que vaut le modèle face aux placements plus classiques ?

CritèreBlast Club et startups non cotéesPlacements cotés classiques
AccèsAdhésion au club nécessaireCompte auprès d’un intermédiaire
Choix des investissementsOpérations sélectionnées puis décision individuelleTrès large univers de titres et fonds
TicketGénéralement à partir de 500 € par opération, hors adhésionSouvent très faible selon le produit
LiquiditéLimitée et non garantieGénéralement meilleure sur les grands marchés cotés
Risque de perteTrès élevé sur une startup isoléeVariable selon les actifs choisis
FraisAdhésion, frais liés aux investissements et commission éventuelle sur la plus-valueDépend du courtier et des produits utilisés

Le tableau montre pourquoi Blast Club ne devrait pas être présenté comme un substitut universel à un portefeuille financier classique. Les deux approches répondent à des besoins différents.

Un investisseur souhaitant avant tout disposer d’un vaste choix de titres liquides peut par exemple consulter notre avis sur Interactive Brokers. Blast Club s’adresse davantage à ceux qui acceptent les particularités du private equity et recherchent spécifiquement une exposition aux entreprises non cotées.

À partir de quel patrimoine Blast Club devient-il cohérent ?

Il n’existe pas de montant universel permettant d’affirmer qu’une adhésion devient automatiquement rentable. La réponse dépend du patrimoine, du niveau de revenus, de l’épargne de sécurité, de l’horizon d’investissement et du montant que la personne compte réellement engager sur plusieurs opérations.

Le point essentiel est d’éviter que le ticket d’adhésion et les investissements en startups représentent une part trop importante du capital disponible. Une personne dont la totalité de l’épargne financière atteint quelques milliers ou dizaines de milliers d’euros n’a pas la même marge de diversification qu’un investisseur disposant d’un patrimoine financier beaucoup plus élevé.

Pour un capital conséquent, la question devient davantage celle de l’allocation : quelle part réserver au non-coté après les actifs liquides, l’épargne de précaution et les autres objectifs patrimoniaux ? Une réflexion globale sur comment investir 100 000 euros aide alors à replacer Blast Club dans un portefeuille complet plutôt qu’à l’évaluer isolément.

Blast Club convient-il aux débutants ?

Le ticket de 500 € peut donner une impression d’accessibilité. Pourtant, le niveau de connaissance nécessaire ne se résume pas au montant minimum d’une opération.

Un débutant doit être capable de comprendre qu’une valorisation de startup est incertaine, qu’une participation peut rester bloquée longtemps, qu’une entreprise peut échouer et que plusieurs niveaux de frais peuvent affecter la performance finale. L’accès à des formations et à une communauté peut aider, mais il ne transforme pas un actif risqué en produit d’épargne prudent.

Pour quelqu’un qui découvre entièrement l’investissement et ne possède pas encore de portefeuille diversifié, commencer directement par le capital-risque paraît donc difficile à justifier. Le modèle devient plus cohérent une fois les bases patrimoniales constituées et lorsque la personne sait précisément pourquoi elle souhaite ajouter une poche non cotée.

Les avis clients permettent-ils de juger Blast Club ?

Blast bénéficie d’une satisfaction affichée élevée sur Trustpilot. Au 28 août 2026, la plateforme présentait une note de 4,9 sur 5 pour plus de 2 000 avis.

Cet indicateur peut renseigner sur l’expérience utilisateur, la qualité perçue du service, de l’accompagnement ou de la communauté. Il ne permet toutefois pas de conclure à la performance financière des investissements. Trustpilot précise par ailleurs que les entreprises peuvent inviter leurs clients à publier des avis et que toutes les affirmations individuelles ne sont pas vérifiées.

Pour juger Blast Club, il est donc préférable de séparer deux questions : les membres apprécient-ils le service proposé, et les investissements réalisés produisent-ils à long terme un rendement net satisfaisant au regard du risque ? La première peut être partiellement éclairée par les avis clients. La seconde nécessite du recul sur les sorties effectives des participations et ne peut pas être déduite d’une note de satisfaction.

Quelles alternatives à Blast Club considérer ?

Il n’existe pas une seule alternative parfaitement comparable, car le modèle combine plusieurs dimensions. Les personnes principalement attirées par l’investissement non coté peuvent comparer d’autres services spécialisés. À ce titre, notre avis sur My Seed Advisor permet d’examiner une autre approche de l’accès à ce type d’investissement.

Le crowdfunding immobilier représente une logique différente : le sous-jacent, la durée des opérations et les risques ne sont pas ceux d’une participation au capital d’une startup. Il peut néanmoins être utile de comprendre comment fonctionne une autre forme de financement participatif à travers notre avis sur Tokimo.

Enfin, les investisseurs qui recherchent avant tout simplicité, liquidité et faibles tickets peuvent préférer commencer par les marchés cotés. Blast Club devient alors une éventuelle poche complémentaire plutôt que le coeur du patrimoine.

Notre avis sur Blast Club

Blast Club apporte une proposition intéressante à un problème réel : l’accès aux investissements en startups est généralement plus compliqué pour un particulier que l’achat d’actions cotées ou d’ETF. La plateforme réduit plusieurs frictions grâce à la sélection des dossiers, à la structuration par SPV, au suivi des participations et à l’environnement communautaire.

Le revers est un modèle tarifaire exigeant. L’investisseur doit supporter le coût de l’adhésion avant même de savoir quelle sera la performance de ses investissements, puis intégrer les frais associés aux opérations et une commission de 20 % sur les plus-values éventuelles. Plus le capital déployé est faible, plus cette architecture de coûts doit être examinée attentivement.

Le Blast Market améliore également la situation par rapport à un investissement totalement dépourvu de marché secondaire, sans résoudre le problème fondamental de liquidité. Une revente dépend toujours de l’existence d’un acheteur.

Blast Club paraît ainsi surtout adapté à un investisseur qui possède déjà une épargne de sécurité et un portefeuille diversifié, accepte un horizon long, comprend la possibilité d’une perte totale sur certaines opérations et prévoit d’investir suffisamment pour que le coût fixe de l’adhésion reste proportionné. Pour un petit épargnant, une personne ayant besoin de liquidité ou quelqu’un qui recherche un rendement relativement prévisible, le rapport entre frais, contraintes et risques est nettement moins favorable.

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