Se former au métier d’éducateur spécialisé, c’est préparer un Diplôme d’État de niveau bac+3, avec trois années de formation mêlant cours, stages et temps de terrain. Le coût réel d’un parcours peut varier énormément: dans de nombreux instituts agréés par les Régions, le coût pédagogique est pris en charge et l’étudiant ne paie que les frais d’inscription et la CVEC. En formation continue privée, la facture peut atteindre 15 000 à 20 000 euros si aucun financeur n’intervient.
La bonne nouvelle: il existe de nombreuses solutions pour ne presque rien payer, voire pour être rémunéré pendant la formation. Tout dépend de votre statut, de votre région et du mode de formation choisi.
Les principales sources de financement
Pour s’y retrouver, commencez par identifier votre situation. Les dispositifs ne sont pas exclusifs: ils se combinent souvent.
- Régions: financement direct des coûts pédagogiques des formations sanitaires et sociales, plus bourses sur critères sociaux pour certains publics.
- Alternance: prise en charge par les OPCO (souvent OPCO Santé) et salaire pour l’apprenant.
- France Travail: aides à la formation, maintien des allocations et AIF si besoin.
- CPF et Transitions Pro: pour les salariés en évolution ou reconversion, avec maintien possible du salaire.
- Fonction publique: CPF spécifique, congés de formation et dispositifs ANFH à l’hôpital.
- Handicap et VAE: aides ciblées, financement complémentaire et parcours de validation plus rapide.
Entrons dans le détail.
Formation initiale financée par la Région
La formation d’éducateur spécialisé fait partie des formations sanitaires et sociales. Dans la plupart des territoires, la Région finance directement les organismes pour les étudiants en voie initiale. Résultat: le coût pédagogique est couvert, et vous ne réglez que des frais annexes.
Les Régions proposent en plus des bourses sur critères sociaux, parfois complétées par des aides au mérite ou des fonds d’urgence. Les critères varient: ressources du foyer, composition familiale, statut à l’entrée en formation. Le dépôt du dossier se fait sur le portail régional dans des calendriers précis: il faut anticiper.
Alternance : souvent la solution la plus avantageuse
De nombreux instituts proposent le DEES en apprentissage ou contrat de professionnalisation.
Dans ce cas, vous devenez salarié. Les coûts pédagogiques sont financés par l’OPCO et vous percevez un salaire indexé sur le SMIC selon l’âge et le niveau d’études. Restent parfois quelques frais administratifs minimes. Pour beaucoup d’apprenants, c’est la voie la plus confortable financièrement, à condition de trouver un employeur d’accueil.
Demandeur d’emploi : financements France Travail
France Travail peut financer partiellement ou totalement la formation via l’Aide Individuelle à la Formation lorsque la Région ou d’autres organismes ne couvrent pas tout.
Si vous êtes indemnisé, vous pouvez conserver votre allocation pendant la formation validée dans votre projet. Certaines Régions ouvrent aussi leurs bourses aux demandeurs d’emploi non indemnisés ou bénéficiaires de certaines aides. Le passage clé reste l’échange avec votre conseiller pour valider le projet.
Salariés : CPF, abondements et transition professionnelle
Le DEES est inscrit au RNCP, donc éligible au Compte Personnel de Formation. Le CPF peut être complété par l’employeur ou par l’OPCO si le crédit ne suffit pas.
Pour une vraie reconversion, le Projet de Transition Professionnelle (Transitions Pro) permet de suivre la formation tout en conservant une grande partie de la rémunération, avec une prise en charge des frais pédagogiques. Le dossier doit démontrer la cohérence du projet et la qualité des débouchés.
Agents publics et hospitaliers
Les agents publics disposent d’un CPF spécifique, mobilisable dans le cadre d’un projet d’évolution. Selon les cas, un congé de formation peut être accordé.
Dans la fonction publique hospitalière, l’ANFH peut financer des études promotionnelles avec prise en charge des coûts et maintien de rémunération sous conditions. Le premier interlocuteur reste le service RH.
Personnes en situation de handicap
Des aides spécifiques existent, notamment via l’Agefiph ou Cap Emploi: compléments de financement, adaptation des parcours, appui à l’alternance. Les montants et modalités dépendent du projet et de l’employeur.
VAE : raccourcir le parcours quand on a l’expérience
Si vous avez déjà plusieurs années d’expérience dans le champ social ou médico-social, la Validation des Acquis de l’Expérience peut permettre d’obtenir tout ou partie du DEES.
La VAE est finançable par le CPF, par les Régions, par France Travail ou par l’employeur. Elle réduit le temps de formation et donc les coûts indirects.
Les aides pour vivre pendant la formation
Au-delà des frais pédagogiques, il faut penser au quotidien: logement, transport, alimentation. Les aides au logement de la CAF, les bourses régionales, les fonds sociaux des écoles et certaines aides locales peuvent alléger fortement le budget. Les étudiants boursiers bénéficient souvent d’exonérations partielles.
Construire son plan de financement
Le plus efficace est d’avancer méthodiquement.
- Clarifier son statut à l’entrée en formation et la voie choisie: initiale, alternance, continue, VAE.
- Identifier l’école ciblée, vérifier les financements proposés par la Région et les partenaires.
- Contacter les bons interlocuteurs: conseiller France Travail, service RH ou Transitions Pro, service des bourses, mission handicap le cas échéant.
- Chiffrer précisément coûts et ressources: frais restants, bourses, rémunération, allocations, aides au logement.
- Monter un dossier argumenté qui montre la cohérence du projet professionnel et le sérieux du parcours.
Le financement d’une formation d’éducateur spécialisé repose surtout sur la Région et sur votre statut. L’alternance permet souvent d’être payé tout en se formant. Les salariés peuvent s’appuyer sur le CPF et la transition professionnelle. Les demandeurs d’emploi disposent d’aides dédiées. Et la VAE peut accélérer la reconnaissance d’une expérience déjà solide.
En identifiant tôt les bons interlocuteurs et en combinant intelligemment les dispositifs, il est généralement possible de suivre cette formation sans supporter le coût complet, et parfois en étant rémunéré tout au long du parcours.







